L’illectronisme : une fracture numérique qui touche les séniors

illectronismeEn 2020, le Sénat a lancé une mission d’information autour de la lutte contre la fracture numérique et l’illectronisme. Ne pas avoir accès à Internet ou ne pas avoir de connaissances suffisantes pour utiliser des outils numériques représentent un handicap pour près de 17% de la population française. Ce fléau touche particulièrement les personnes fragiles et les séniors.

Pour rappel, l’illectronisme est un mot utilisé pour exprimer l’inhabileté numérique, l’illettrisme numérique, ou encore illettrisme électronique. Pour faire simple, cela représente la difficulté, voire l’incapacité, que rencontre une personne à utiliser les nouvelles technologies à cause d’un manque ou d’une absence totale de connaissances à propos de leur fonctionnement.

L’illectronisme : un fléau pour les séniors

Pour le gouvernement et les administrations, l’objectif est de dématérialiser le plus possible les services publics afin de faire des économies et de s’adapter aux nouveaux usages. Néanmoins, le souci c’est que près de 11 millions de français ne sont pas encore très à l’aise avec l’utilisation des nouvelles technologies. Malheureusement, cette situation contribue a accroitre un isolement auprès d’une certaine partie de la population.

Même si globalement l’accès à Internet se développe sur notre territoire, beaucoup d’inégalités persistent chez les personnes les plus âgées, les personnes moins diplômées et les foyers aux revenus les plus modestes. Par exemple, en ce qui concerne les personnes de plus de 75 ans, il faut savoir qu’une sur deux n’a pas d’accès à Internet depuis son domicile !

Une situation qui n’est pas nouvelle et qui est une conséquence directe d’une évolution rapide des outils numériques, bien plus rapide que les moyens mis en place pour former les séniors à leur utilisation. Par exemple, la quasi totalité des français de plus de 40 ans n’ont pas eu la chance de pouvoir bénéficier d’une formation au numérique durant leur scolarité.

Les causes de cette fracture

Tout d’abord, le volet économique doit être pris en compte pour comprendre la fracture qui s’opère à ce niveau. Pour pouvoir utiliser des outils numériques quotidiennement, encore faut-il avoir les moyens de s’équiper. Un premier frein qui touche les personnes les plus démunies.

Ensuite, la mauvaise couverture du réseau internet sur notre territoire. UFC Que Choisir estime que plus de 10 millions de français ne peuvent pas encore avoir accès à une connexion internet de qualité. Actuellement, la fibre optique n’est disponible que pour environ 25% de la population et 10 000 communes ne sont pas encore raccordées du tout. Ces zones sont aussi appelées les « Zones grises ». Les « Zones blanches » sans aucun raccordement à internet représentent 541 communes en France. Ce sont presque entièrement des communes rurales.

Il y a ceux qui n’ont pas accès aux technologies et au réseau. Et il y a ceux qui se sentent perdus car ils ne maitrisent pas suffisamment la technologie et ne disposent pas de soutiens directs pour les aider. Ces derniers sont appelés les « abandonnistes ».

Quels sont les principaux freins exprimés par les abandonnistes ?

  • Manque de réseau fiable et suffisamment rapide.
  • Manque d’équipement.
  • Allergie totale à la manipulation de l’informatique et donc d’Internet.
  • Peur de se faire voler ses données personnelles
  • Parcours utilisateur peu ergonomique.
  • Impossibilité de faire état de situations n’entrant pas dans les cas habituels

Quelles sont les conséquences de cette fracture ?

Le premier problème se situe au niveau de la difficulté rencontrée par les personnes âgées et isolées pour réaliser certaines démarches administratives. Obtenir une carte grise, faire sa déclaration d’impôts, suivre ses comptes bancaires … autant de démarches qui se dématérialisent chaque jour un peu plus et qui deviennent complexes pour les séniors souffrant d’illectronisme. Certaines personnalités se battent pour préserver le droit de réaliser l’ensemble des démarches administratives en version « papier ».

Encore aujourd’hui en France, près d’un adulte sur cinq n’utilise pas d’outil numérique ou abandonne en cas de difficulté. Les personnes âgées de plus de 70 ans sont très nombreuses dans cette situation (36 %).

Ensuite, ce fléau touche également à un volet important de la vie des séniors : la communication et la sociabilisation. Le fait de ne pas utiliser de smartphones ou d’ordinateurs les pousse à se retrouver en marge malgré eux. Le constat est vite fait : les personnes âgées qui ne sont pas à l’aise avec l’utilisation de smartphones et d’internet sont d’avantage privées de relations sociales et familiales. Les non-utilisateurs de moyens de communications modernes s’habituent petite à petit à ne pas être informés et se détachent progressivement, dans le silence, sans que cela soit ressenti comme un manque de leur part.

Quelles solutions pour lutter contre ce fléau ?

« Il faut impérativement trouver des solutions pour que ce monde numérique soit accessible à tous. » : c’est le message véhiculé au travers du Livre Blanc « Contre l’illectronisme » publié par le Syndicat de la Presse Sociale (SPS). Il traite en profondeur du fléau de l’illectronisme en France.

Heureusement, beaucoup de solutions et d’initiatives voient le jour pour accompagner les personnes en difficulté sur Internet. Des ateliers de médiation, comme ceux d’Emmaüs Connect et de Wetechcare, répondent à une partie des personnes dans le besoin.

Pour les abandonnistes, ceux qui ont baissé les bras faces au numérique, les solutions semblent souvent passer par des aidants ou des personnes proches (enfants, amis, voisins…).

Petit à petit, l’état prend aussi ses responsabilités en ouvrant des maisons France-Service (534 au total pour le moment) pour former et accompagner les usagers les plus éloignés de l’utilisation naturelle du numérique.

L’autre solution est de miser sur une adaption basée sur l’usage actuel des technologies par ces personnes. En l’occurence, l’un des supports de communication privilégié des séniors reste encore et toujours la télévision. C’est sur ce constat que nous avons imaginé et développé la solution ZeeBox : permettre aux séniors et aux personnes en perte d’autonomie de se (re)connecter à leurs proches.

Malgré des efforts de la part des administrations et des éditeurs, il semble que les professionnels de l’internet et des nouvelles technologies ne se mettent pas encore suffisamment dans la peau de l’usager.

L’accessibilité est un véritable défi positif qui doit pousser les services publics, comme les entreprises, vers l’innovation et la transformation.

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