TRANSPORTS
Les séniors et la mobilité en France.
5 millions de personnes âgées connaitraient des difficultés à sortir de chez elles et à se déplacer dans leur vie quotidienne. Quelles sont ces difficultés et quelles sont les solutions proposées pour venir en aide à nos ainés ?
Les solutions en France

Selon les données de l’INSEE au 1er janvier 2016, les personnes âgées d’au moins 65 ans représentent environ 19% de la population française. De plus, on estime à 23.6 millions le nombre de français âgés de plus de 60 ans d’ici 2060, soit une personne sur trois. Garantir les meilleures conditions de mobilité en France afin d’accompagner cette transition démographique est donc un enjeu économique et social majeur.

Par ailleurs, 5 millions de personnes âgées connaitraient des difficultés à sortir de chez elles et à se déplacer dans leur vie quotidienne. Quelles sont ces difficultés et quelles sont les solutions proposées pour venir en aide à nos ainés ?

Les séniors et la mobilité

D’après l’enquête nationale transports et déplacements (ENTD) de 2008, les seniors d’au moins 85 ans consacrent moins de 30 minutes aux déplacements quotidiens contre 90 minutes pour les adultes de 40 ans. Quels transports utilisent-ils et quels sont les motifs de ces déplacements ?

L’utilisation des différents moyens de transport des seniors en France

La voiture est devenue le premier moyen de transport chez les séniors, avec 78% des plus de 65 ans titulaires du permis de conduire en 2008. Bien que les séniors d’aujourd’hui sont généralement plus aisés et ont les moyens financiers pour privilégier leur véhicule personnel, les plus de 60 ans ont de plus en plus tendance à être passagers plutôt que conducteurs.

En 2008, la marche représentait 39.7% des moyens pour se déplacer chez les personnes de plus de 75 ans. Cela s’explique par la sensibilisation des avantages de la pratique régulière de la marche à pied afin de favoriser le bien-vieillir.

Cependant, 25% des personnes âgées d’au moins 60 ans déclarent ressentir de plus en plus de gênes pour se déplacer en marchant.

Par ailleurs, bien qu’il soit recommandé afin de garder la forme, le vélo est le moyen de transport principal le moins utilisé par les séniors avec un pourcentage de 3.2% chez les 65-74 ans.

D’après l’enquête Laboratoire de la Mobilité inclusive de 2014, lorsque leurs capacités pour se déplacer faibliront, les séniors privilégieront les transports en commun, la réduction de leurs déplacements, les services à distance tels que la livraison à domicile ou la télémédecine, le recours aux proches (amis, famille) ou à un tiers comme un bénévole ou un professionnel d’aide à la personne afin de se sentir accompagnés.

Les principales raisons de leurs déplacements

Nos aînés se déplacent principalement pour faire des achats ou pour leurs loisirs, et généralement aux heures creuses de la journée. 45% des motifs de déplacements sont consacrés aux achats chez les plus de 75 ans. Nécessitant le maintien de l’interaction sociale et la proximité, nos séniors vont au marché pour faire leurs courses et privilégient les commerces de proximité.

Les difficultés auxquelles elles doivent faire face

Les difficultés pour se déplacer augmentent et sont influencées par l’âge et le niveau de vie. Quelles sont ces difficultés auxquelles nos ainés ont à faire face ?

Difficultés physiques, psychologiques et cognitives

Premièrement, se déplacer de façon autonome mobilise certaines capacités physiques, psychologiques et cognitives. Ces capacités peuvent être altérées par le vieillissement.

La ville est un espace où la mobilité est facilitée grâce aux transports en commun et à la proximité des commerces et des services. Néanmoins, des gênes peuvent être perçues par les séniors notamment vis-à-vis de leurs capacités physiologiques. En effet, ils peuvent par exemple faire face à du mobilier urbain inadapté ou insuffisant, un manque d’arrêts confortables où s’asseoir et être à l’aise, des difficultés à monter ou descendre du bus, les nombreux escaliers dans les métros, ou des informations pas toujours claires à comprendre. Par ailleurs, il existe également des freins psychologiques comme le sentiment d’insécurité et le regard des autres perçus par les séniors dans les espaces publics.

Pour les capacités cognitives, on peut citer la diminution de l’acuité visuelle et des réflexes, l’altération de la mémoire, la réduction de la vitesse du traitement de l’information. C’est pour cela que selon l’opinion publique, les seniors peuvent représenter un danger sur la route.

Dans cet article du Parisien écrit des suites d’un accident de la route provoqué par un homme de 92 ans à Paris, les aptitudes à conduire des personnes âgées à partir d’un certain âge sont remises en question. Dans celui-ci, il est plébiscité la mise en place d’un examen médical obligatoire à partir d’un certain âge qui permettrait de vérifier leur aptitude au volant et ainsi garantir leur sécurité et celle des autres usagers sur la route.

Difficultés financières

En effet, 60% des personnes âgées modestes renonceraient à quitter leur domicile au quotidien contre 30% chez les plus aisées.

Bien que les séniors retraités aient en moyenne un niveau de vie correct et des revenus de plus en plus élevés, il y a toujours une forte inégalité avec environ 15% des séniors devant faire face à des difficultés financières. Cela peut donc également représenter un frein à la mobilité de nos aînés.

Difficultés géographiques

En zone rurale, l’offre de transport est plus limitée qu’en zone urbaine et les commerces sont plus éloignés, ce qui augmente l’immobilité des plus âgés. Ils sont d’ailleurs plus dépendants à la voiture, et lorsqu’ils ne peuvent plus conduire ou n’ont pas les moyens matériels d’en avoir une, cela limite fortement leur mobilité. Ainsi, aux freins physiologiques et financiers s’ajoutent les freins géographiques à la mobilité des séniors.

Les solutions à ces difficultés pour se déplacer

Face à toutes ces difficultés, il existe des solutions pour aider au mieux nos ainés à se déplacer ou à trouver des alternatives afin de leur permettre de vieillir sereinement.

Les aides à la mobilité

En 2014, 6% des séniors bénéficiaient d’une aide à la mobilité. Cette aide se traduit généralement par la procuration de conseils et d’informations par les caisses de retraite, les assureurs et les mutuelles. Des ateliers collectifs sont proposés aux séniors (prévention des chutes par exemple) mais les ateliers pour les accompagner dans leur mobilité sont beaucoup plus rares.

En cas de perte d’autonomie, le sénior peut bénéficier de l’allocation personnalisée à l’autonomie (Apa) afin de couvrir les dépenses essentielles liées à la vie quotidienne, dont les déplacements.

La prise en charge des frais de transports des personnes âgées atteintes de maladies peut également se faire par l’assurance maladie sous certaines conditions. Néanmoins, certains séniors et même leurs aidants ignorent l’existence de ces aides à la mobilité ou n’y ont pas droit car ils ne remplissent pas les critères.

La mobilité inversée

La mobilité inversée, c’est le fait que certains biens et services peuvent se déplacer jusqu’au domicile du sénior ou à proximité.

C’est une solution efficace qui permet également au sénior d’être autonome. Néanmoins, c’est une solution qui doit devenir plus accessible aux plus modestes et à ceux qui sont peu habitués aux nouvelles technologies.

Parmi ces services on peut citer :

  • La télémédecine : le médecin peut donner une consultation à distance au sénior (téléconsultation) ou peut le surveiller à distance (télésurveillance médicale).
  • Les aides à domicile : elles compensent la perte d’autonomie et/ou de mobilité des ainés en réalisant à leur place de nombreuses tâches telles que le ménage, les courses, la cuisine ou la toilette.

L’aidant familial

Un aidant familial est une personne qui aide partiellement ou totalement à titre non professionnel dans les activités quotidiennes une personne âgée dépendante ou une personne handicapée de son entourage.

Selon l’Enquête Laboratoire de la Mobilité inclusive de 2014, il est estimé à 93% le pourcentage d’aidants qui aident aux déplacements sans bénéficier d’aide financière pour faire face aux frais supplémentaires que ces déplacements peuvent représenter. Ces déplacements peuvent avoir pour motif des démarches administratives, des courses ou des soins.

Les dispositifs de transport accompagné

Ces dispositifs existent en ville et en milieu rural afin d’accompagner les séniors peu autonomes dans leurs déplacements.

Ils répondent à leur besoin d’accompagnement et proposent une meilleure souplesse dans les horaires. Afin de vous présenter un exemple de ce type de dispositif, ZeeBox vous propose de découvrir la startup française CityZen Mobility en Ile-de-France !

Haroun Boudiaf, 36 ans, a décidé de spécialiser dans le transport des personnes âgées dépendantes et des personnes handicapées, afin de les aider dans leurs déplacements au quotidien. C’est le premier service de voiture avec chauffeur compagnon (VCC) spécialisé dans ce type de service. Lui et son équipe de chauffeurs compagnons expérimentés font de l’accompagnement, l’empathie et le contact humain, des priorités.

CityZen Mobility propose un service personnalisé et adapté aux besoins des citoyens fragilisés, grâce aux chauffeurs recrutés et formés qui contribuent à son succès auprès des établissements pour séniors (EHPAD, résidences, etc.). Pour Haroun, il est important de s’adapter aux besoins (notamment aux capacités physiques ou aux maladies) et d’apporter un peu de joie, d’humour et de rigolade aux séniors isolés, pour qui il est difficile de se déplacer et de maintenir le lien social. C’est un service qui plait aux séniors car ils ne retrouvent pas forcément ce genre d’attention dans les transports en commun par exemple.

Conclusion

En conclusion, les séniors et la mobilité sont l’un des enjeux de la transition démographique en France. Bien que cette mobilité puisse se heurter à certaines difficultés, il existe néanmoins plusieurs solutions et aides afin de permettre à nos ainés de se déplacer.

Ces solutions s’offrent aux séniors à la recherche d’accompagnement dans les activités quotidiennes, ainsi qu’aux séniors plus modestes en quête du bien-vieillir.

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